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Photo du rédacteur: Melanie Blaser
Melanie Blaser
il y a 21 minutes
2 min de lecture

Aujourd’hui, je prends le train. Mon amie prend le train aussi et nous rejoignons notre amie qui vit à Zürich. Nous nous connaissons depuis 35 ans. Quand je suis avec elles, je peux être moi-même, je n’ai pas besoin de prétendre, cacher, dire ou ne pas dire, faire semblant, éviter un sujet – au pire on s'engueule un peu. Je ne suis pas jugeante, ni jugée, nous faisons toutes de notre mieux. Nos vies sont différentes, nos choix sont différents, et c'est bien comme ça. Je peux être triste, gaie, silencieuse ou bavarde. Je peux être moi.


Je suis partie en avance pour avoir le temps de prendre un café et un croissant de sils à la gare.  Je n’ai pas le temps de lire le journal, j’ai un train à prendre. Mon amie, avec qui nous échangeons par messages dès que nous sortons de la maison et jusqu'à ce que nous nous retrouvions à la gare, m’envoie la photo d’un gobelet rouge en carton, probablement plastifié, avec un couvercle en plastique, posé sur la tablette dans le train. Son café est dans le gobelet.


Je ne comprends pas le plaisir du café à l'emporter. Je me suis toujours demandé qui a bien pu inventer le gobelet et le café à l’emporter ? Depuis quand l’être humain n’a plus le temps de prendre le temps ? Quel est l'avantage de tenir ce gobelet dans une main tout en marchant? Personnellement, je ne suis pas capable de boire en marchant. Le contact de ce petit rebord en carton roulé sur ma lèvre inférieure m’horripile. Le liquide chaud, si aromatique, qui sort d’un gobelet a un goût altéré, un goût de carton plastifié.


J'aime la tasse en céramique. J’aime tenir la petite anse, entendre le bruit de la petite cuillère, voir le liquide brun foncé et la mousse plus claire en surface, remuer le contenu de la tasse pour répartir la chaleur, sentir l’arôme, avant de boire. Prendre le temps de m’asseoir tranquillement, écouter le bruit du percolateur, du lave-vaisselle qu’on remplit, qui tourne, de la vapeur qui en ressort quand on l’ouvre, des tasses et des petites cuillères propres qu’on range à leur place, prêtes pour le prochain café, pour le prochain ou la prochaine client ou cliente. Ou rester debout au comptoir comme en Italie. Commander. Remuer. Entendre les bruits typiques des cafés, les voix, écouter un bout de conversation, boire tranquillement. C’est tellement plus agréable.


« The hole never fills, but new life will grow around it ». – And Just Like That..., 2021, Director Darren Star

 
 

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