CHAMPIGNONS
- Melanie Blaser

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 16 heures

Ce soir, je décidai de prendre une douche bien chaude. Mais après quelques minutes, j’avais trop chaud – les aléas de la ménopause – et j’eus envie d’une pluie de printemps fraîche qui coule sur ma peau douce et mes cheveux et lave tous mes soucis. En général, quand quelque chose ne va pas dans ma vie, ça ne s’arrête pas là, il faut que les préoccupations, contrariétés et autres chagrins s’additionnent. Je décidai donc de les noyer tous dans la douche.
Et là, mes pensées dessinèrent un champignon, puis plein de champignons. J’ai cessé depuis longtemps de me poser des questions quant aux directions que prennent mes pensées. Mes amis comprendront, ils sont comme moi.
Et sous cette pluie fine et fraîche, je me remémorai un souvenir d’enfance. La plupart de mes souvenirs sont basés sur des ressentis plus que sur des faits. Ce qui peut engendrer l’effacement de périodes entières de joie avec un ami, parce qu’il m’a un jour trahie, mal traitée ou attristée – ou les trois, et c'est ce ressenti qui dominera.
Je pensai donc aux champignons, puis à mon petit cousin et son amoureuse, qui vivaient dans une cabane à l’orée de la forêt, presqu’en autarcie. Ils avaient cueilli des champignons. Un grand panier plein de champignons. Je trouvais ça merveilleux : le panier plein de champignons, la vie dans la cabane dans la forêt et la préparation d’une omelette aux champignons sur un feu. Un de mes livre préféré a longtemps été Heidi, en version pour petits enfants, avec des dessins. J’enviais la vie de Heidi en pleine nature, dans une cabane et le fromage de chèvre fondu sur le pain au feu de bois.
Ce fut la meilleure omelette que j’avais jamais mangée. Et c’est sur ce merveilleux souvenir du goût de l’omelette, du bonheur de mon petit cousin et sa mie devant leur cabane et de mes jeux entre les arbres que je m’endormis.
"J'étais si près de toi, que j'ai froid près des autres." – Paul Eluard



