LE MARCHÉ
- Melanie Blaser

- 14 juil.
- 2 min de lecture

Le samedi je vais au marché. J’aime le marché. Au marché on peut tout trouver, comme dit la chanson. Au marché il y a un stand de légumes et fruits italiens que j’adore, j’ai envie de tout. Le monsieur, qui a un léger accent, m’a fait goûter une pastèque. Une pastèque italienne. Il a coupé une tranche fine d’un quart de pastèque et me l'a tendue avec un sourire. C’était délicieux, là, au milieu de tous ces gens, de cette chaleur, de ces fruits et légumes qui donnent envie. La pastèque. C’est celle que je désirais le plus. Unique, juteuse, délicieuse, elle fond dans la bouche. Mais elle fait son poids, elle est lourde à transporter.
Je descends au marché en bus. Ma place dans le bus n’est pas libre ce matin. Alors je m’assois en face, côté fenêtre. En face, 2 jolies vieilles dames portent de jolies robes. Elles ont les cheveux courts, rose pour une et blancs pour l’autre. Elles portent un rouge à lèvres rose, des bijoux, des sandales confortables. D’autres vieilles dames montent et descendent dans le bus. Elles se saluent, se parlent.
Le bus est apparemment dévié. Je ne suis pas au courant, évidemment, je ne regarde jamais les écrans et je n'écoute jamais la "dame" qui annonce les arrêts et donne d'autres informations. Les vieilles dames commentent:
« On verra où on arrive ».
« On s’promène en bus. I’ fait bon dedans. »
Le bus tourne à gauche.
« Aah, c’est là qu’on passe. »
« Ben c’est très bien »
Pendant ce temps la voix explique le détournement de bus et nous remercie de notre compréhension.
« Tu découvres un autre univers là »
Je sors du bus. J’entends la dame aux cheveux rose qui demande au chauffeur s’il va à Bel Air.
« Je vais à Bel Air, oui madame. Tout va bien? Tout se passe bien? »
Les dames rient
« Oui, tout va bien .»
Je ris aussi et je vais acheter une pastèque.
« – Je ne sais pas voler, lui dit le tailleur.
– Il ne s'agit pas de voler, lui dit la buse.
Il s'agit de de ne pas tomber ! » – Pascal Quignard, Le nom sur le bout de la langue



